Arrivées, départs, ambitions, les hommes forts du Nantes Rezé Basket n'ont rien caché et n'ont pas masqué leur satisfaction de retrouver l'Europe pour une deuxième saison consécutive.
Une saison difficile mais réussie
Laurent Buffard ne l'a pas caché, il y a eu des tensions cette saison. Notamment dues aux blessures à répétition qui ont obligé le groupe à se réadapter à plusieurs reprises. Le fait aussi d'une saison où les rencontres se sont enchaînées à un rythme effréné et où l'erreur pouvait être fatidique. A ce titre l'entraîneur a tenu à remercier son président "pour avoir su être réactif et faire le nécessaire pour toujours avoir un groupe compétitif". Le technicien nanto-rezéen a fait ses calculs : 57 rencontres jouées (matchs amicaux compris), 37 victoires, 1 match nul, 19 défaites ...et seulement 21 matchs au complet. Le bilan final est donc forcément positif quand on connaît l'issue donnée par les joueuses lundi soir. Ce qui fait dire à Thierry Frere "regardez les résultats, généralement quand une équipe se qualifie pour une Coupe d'Europe, son classement en championnat en pâtit, nous on a réussi le même bilan que la saison passée. C'est une fierté". A en juger par les classements de Villeneuve (-6 victoires par rapport à 2009-10), Mondeville (-6) et Arras (-7), on peut comprendre la satisfaction du président nantais.
Les deux hommes ont donc logiquement rendu un vibrant hommage aux joueuses pour leur combativité sans cacher "avoir été très inquiets à la veille du Challenge Round. Les joueuses étaient fatiguées et repartir pour une compétition, qui s'annonçait disputée, était très difficile" avoue Laurent Buffard. "D'autant que le point de pénalité nous a fragilisé, les joueuses ont eu le sentiment de payer pour une erreur qu'elles n'ont pas commise", Thierry Frere se félicite donc de l'état d'esprit affiché.
Un groupe remanié et plus expérimenté
C'est la mort dans l'âme que Thierry Frere voit partir Mame Marie Sy Diop et Emi Podrug, "Aucune joueuse ne m'aura donné autant de plaisir que ces deux filles là". Laurent Buffard souligne la solidarité d'un groupe porté par trois leaders naturels, Caroline Aubert, Mame Marie Sy Diop et Emi Podrug. "Le groupe était jeune et elles ont su mobiliser tout le monde, être là dans les moments clés et être pro jusqu'au bout. Des joueuses comme ça à entraîner c'est du bonheur" en sourit le technicien. Malheureusement le basket est ainsi fait et certaines joueuses vont quitter le navire.
Joyce Cousseins Smith va rejoindre Arras, Mélanie Plust pourrait s'envoler vers Challes, Lindsay Taylor va retrouver la Chine, Morgiane Eustache ira continuer son apprentissage à Saint Etienne avec une certaine Babette M'Bah Nerriere, Sabine Niedola et Emi Podrug, sans club pour le moment, feront également le bonheur d'une autre formation. Quant à Mame Marie Sy Diop, c'est son président qui en parle le mieux "Mame aura marqué l'histoire du club. Son dernier match sous nos couleurs n'est pas anodin. Elle a fait le boulot comme à chaque fois. C'est tout simplement une grande pro doublée d'une belle personne. Aujourd'hui elle part pour diverses raisons mais nous serons toujours ravi de la retrouver".
La saison prochaine c'est un tout nouveau groupe qui verra le jour, "plus expérimenté, plus francophone" avoue Laurent Buffard dans un sourire. Ainsi aux Aubert, Basque, Andreyeva (dont ce sera la 7ème année de fidélité au club), Tahane et NGoyisa viendront s'ajouter cinq éléments. Aurélie Bonnan, tout d'abord. Capitaine de l'USO Mondeville, Aurélie termine meilleure rebondeuse de l'exercice. Elle emmènera dans ses valises la shooteuse Lenae Williams. "Toutes deux sont de vraies pro. Aurélie va nous amener sa science du jeu, son altruisme, son leadership et sa combativité. Lenae... vous avez constaté son talent lors de la finale. Avec un gros collectif et une fille comme Caro aux manettes elle va faire mal."
Aux deux mondevillaises s'ajouteront deux arrageoises. Johanne Gomis et Sarah Michel, toutes deux formées à l'USVO, viendront garnir les rangs nantais. "Johanne a pris une nouvelle dimension à Arras, elle est celle qui intercepte le plus de ballons en LFB et est désormais capable d'être une menace des deux côtés du terrain. Sarah à un peu le même profil mais elle m'intéresse notamment pour sa défense et un shoot à 3pts qui peut être utile. Toutes deux pourront occuper le poste 1 pour faire souffler Caro." Ce qui explique que le départ de Joyce Cousseins Smith ne soit pas compensé. A ces quatre joueuses viendra s'ajouter Claire Stievenard, jeune joueuse de l'INSEP.
"Ce groupe nous plait, la seule incertitude réside dans le retour en forme de Doriane et Bernie. Si elles sont au top on peut faire mal, si elles ne récupèrent pas leurs moyens tout de suite on peut prendre du retard." avoue Laurent Buffard. Pour Thierry Frere l'objectif est de faire toujours mieux "En ce sens on visera naturellement le TOP4 et une demi-finale d'Eurocup. Il ne faut pas avoir peur d'avoir des ambitions".
Un budget similaire mais ...
Le président annonce un budget qui oscillera entre 1.4 et 1.5 millions d'euros, "mais nous lançons un projet vers les entreprises locales qui vise à faire grimper ce budget vers les 1.6 à 1.7 millions à terme". Ce projet se nomme "100 entreprises pour l'Europe" et ambitionne de regrouper le plus d'entreprises possibles vers un projet commun qui est de disputer l'Euroligue sans y faire de la figuration. "Avec le HBCN (club de hand masculin) qui va disputer l'Europe nous avons la nécessité de faire vite et bien. Les filles sont moins médiatisées que les gars, à mon grand regret d'ailleurs. Ce qui nous oblige à avoir un temps d'avance sur eux. Disputer l'Europe avant eux était une bonne chose, on a réussi à imposer le NRB dans le paysage sportif nantais. Maintenant il faut disputer la coupe d'Europe pour la gagner ou au moins aller le plus loin possible et pour cela on a besoin des collectivités mais aussi des entreprises locales".
Le président nantais remercie d'ailleurs les collectivités locales et les partenaires de cette saison "qui ne doivent pas être déçu d'avoir misé sur les Déferlantes, deux titres et un quart de finale d'Eurocup en deux saisons, qui dit mieux à Nantes?" en plaisante Thierry Frere.
Un centre de formation qui monte
Jacky Moreau, qui a porté avec Morgane Cardin et Pierre Laurent Baliello, le projet centre de formation, estime que l'agrément devrait être donné pour la saison prochaine. "C'est une bonne chose pour nos futurs recrutements que de pouvoir tutoyer Mondeville et Bourges qui sont les références aujourd’hui. On reçoit des candidatures de joueuses qui ne nous auraient même pas calculé les saisons précédentes, preuve que le club avance", indique Jacky Moreau.
Le directeur du centre, également assistant de Laurent Buffard, appelle à la patience "un centre de formation c'est long à mettre en place. Sur 9 saisons à Valenciennes, 11 filles jouent actuellement en LFB. C'est un bon quota mais le centre était installé en France, un peu comme ceux de Mondeville et Bourges". Jacky Moreau conclut "Quand une joueuse issue du centre signera pro à Nantes, là on pourra dire qu'on a réussi".
C'est Laurent Buffard qui conclut la conférence de presse, par un appel "J'interpelle tous les personnes volontaires pour nous filer un coup de main bénévolement. Notre club manque de bonnes âmes. Les quelques-uns qui nous ont aidé cette année, je les remercie d'ailleurs, ont terminé sur les rotules comme les joueuses. Nous avons besoin de bénévoles ..." A bon entendeur.




