Jean-François (So Déferlantes) – « Avant tout prendre du plaisir »

Jean-François (So Déferlantes) – « Avant tout prendre du plaisir »

Les soirs de matchs, ils ne passent pas inaperçus grâce à leurs encouragements de la première (et même avant) à la dernière (et même après) seconde pour les joueuses. Vous les aurez forcément reconnus, nous parlons des So Déferlantes, et c’est le président qui nous présente ce groupe de supporters. Entretien…

Afin de mieux connaître Monsieur le président, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Déjà, je tiens à rassurer tous ceux qui nous liront, « Monsieur le président », c’est pour la blague . Les membres de So Déferlantes m’appellent par mon prénom, Jean-François. Pour ce qui est de me présenter, je vais faire court car ce qui compte, c’est le groupe que nous formons, je vais juste essayer d’en être ici le porte-parole le plus fidèle possible. J’ai 44 ans, je suis originaire du Nord, mais je vis à Nantes pour mon plus grand bonheur depuis 12 ans maintenant. Je travaille dans un grand groupe bancaire (dont j’adorerais d’ailleurs qu’il s’intéresse au sport féminin, et tant qu’à faire, au basket). Je suis marié et père de deux filles et c’est d’ailleurs en voulant leur faire découvrir le basket que je me suis pris de passion pour le NRB, et toute la famille avec !

« So Déferlantes » existe depuis deux saisons maintenant, peux-tu nous expliquer comment est né ce projet ?

Au début, ce n’était pas un projet, juste des constats, des discussions. Le sentiment globalement que la qualité de ce club, ses spécificités, comme l’authenticité du lien que les joueuses, le staff savent créer avec le public, méritaient d’être mieux connues et en tout cas encouragées. La conviction aussi que le sport collectif de haut niveau est un spectacle dans lequel le spectateur doit être actif pour que l’émotion créée sur le terrain résonne au mieux dans les tribunes et qu’en retour, cette résonnance porte les joueuses collectivement au meilleur d’elles-mêmes. La conviction aussi que le sport féminin globalement mérite plus, et que Nantes, fort d’indiscutables atouts en matière de sports féminins, pourrait en être un fer de lance national.

Mais le déclencheur, ça a été la fin de la saison 2013-2014, une saison sportive d’une grande intensité émotionnelle, marquée par d’au moins aussi grands problèmes financiers qui ont menacé la survie même du club. Ce qu’ont démontré les joueuses et le staff dans ce contexte hyper compliqué, en affichant solidarité, cohésion, esprit d’équipe et en jouant sans même être payés a été une vraie leçon de sport, tellement dans l’esprit « Déferlantes », mais aussi et surtout une très belle leçon de vie. En discutant dans les tribunes, on sentait qu’un mouvement de soutien se dessinait, qu’on était plusieurs à vouloir essayer de leur rendre un tout petit peu de ce qu’elles avaient ainsi donné, que toute la qualité du travail de ce club méritait d’être soutenue et encouragée, même à notre toute petite échelle.

On a alors commencé à dessiner les contours du projet, à sonder la réceptivité par un sondage sur Facebook. Puis, on s’est rapprochés du club pour leur en parler. L’accueil a été aussi chaleureux qu’enthousiaste (un grand merci à Jean-Luc Chesneau et Julien Chesneau pour leur écoute et leur aide) et a fini de nous décider à créer l’association « So Déferlantes » en septembre 2014. Le « SO » pour signifier « tellement » en anglais, mais aussi « SO » comme « Supporters Officiels » ou encore « SOcios », projet que nous gardons en tête et espérons pouvoir travailler si notre base d’adhérents croît régulièrement dans les années à venir.

Deux ans après, comment a évolué le groupe ? Aujourd’hui, combien de personnes sont des « So » ?

Au départ, nous étions 6 à avoir créé l’association. Nous terminons notre seconde saison avec 28 adhérents, ce qui est une belle progression. 28 adhérents et autant de façons de supporter les Déferlantes, en fonction des disponibilités, des tempéraments. Tout le monde n’est pas toujours disponible pour les matchs ou pour les déplacements, tout le monde n’a pas envie de chanter ou d’agiter son drapeau pour afficher sa passion. Qu’importe, il n’y a aucune obligation, ce qui compte c’est la passion Déferlantes qui nous rassemble.

La satisfaction, c’est surtout de voir les sourires quand on se retrouve, d’entendre les rires du groupe (et pas seulement lors des matchs !). De bien belles et durables amitiés sont nées, c’est chouette. Et même si certains doivent nous quitter pour diverses raisons, on sait qu’on sera toujours heureux de se revoir et de discuter passionnément autour du NRB.

Comment s’articule un soir de match pour les membres des « So » ?

Déjà, dans les jours qui précédent, on essaie de se coordonner au sein de « So », voire avec le club quand on prévoit des animations particulières (comme les remises de cadeaux aux ex-Déferlantes ou encore pour des animations du style des ballons géants qu’on avait lancés avec l’aide de Wave et de Corso à la Trocardière en décembre). Le jour du match, il y a toujours un premier petit groupe qui arrive dès l’ouverture des portes pour installer le matériel en tribunes (drapeaux, tambours, liste de chants, …). Lorsqu’on est suffisamment nombreux, on installe aussi le matériel de notre petite boutique qui vend quelques articles pour colorer et animer les tribunes. J’en profite pour remercier les bénévoles dont l’accueil est toujours fort chaleureux et qui n’hésitent jamais à nous filer un coup de main.

Une fois cela fait, on se répartit les rôles : Qui au tambour ? Qui au mégaphone ? Qui aux drapeaux ? … On essaie aussi de se coordonner avec Eric, le speaker du NRB, et avec Wave, la mascotte (qui est un des nôtres, mais on ne dira pas qui). Ensuite, c’est discussions, échanges, soit en tribune en regardant l’échauffement et en guettant le petit signe d’une joueuse ou alors autour d’un verre pour prendre des nouvelles de chacun.

Après le match, comme tout supporter, on le refait vingt fois (sourires)! C’est aussi un moment de proximité fort avec les joueuses ou le staff, qui viennent nous saluer et échanger quelques mots. Ce sont toujours des moments fort appréciés. Et l’occasion de réviser notre anglais avec les joueuses étrangères. Ou plutôt notre esperanto, car c’est un joyeux mélange de langues diverses et de langage des signes, l’occasion de quelques fous-rires.

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Présents lors du dernier Open, les So Déferlantes seront de nouveau à Paris cette année – Photo: Laury MAHE (Shoot’Lo).

Une nouvelle saison débute dans quelques semaines, quels sont les projets pour ce nouvel exercice ?

Le premier objectif, c’est d’abord et avant tout de prendre du plaisir à ce que nous faisons et, bien sûr, que cela serve les intérêts du club. Ensuite, l’objectif sera déjà de consolider les différentes choses que nous avons mises en place depuis deux ans, et notamment celles qui ont le plus plu à nos adhérents. Je pense notamment aux déplacements, aux évènements privilégiés avec le club et les joueuses.

Bien sûr, on a aussi des idées nouvelles dans les cartons, mais on ne va pas encore lever le voile sur tout cela… surprise, surprise ! Pour cela, tout dépendra du temps, des ressources dont on disposera (adhésions, dons, partenaires, etc… à notre niveau modeste de budget, tout euro supplémentaire éclaircit l’avenir) et aussi du nombre d’adhérents. Plus on sera nombreux, plus on pourra faire de belles choses pour être le catalyseur de Mangin et dans deux ans, on l’espère, de la Trocardière, cette si belle salle de basket.

L’an dernier, vous avez effectué des déplacements pour venir supporter les Déferlantes hors de Mangin. Comment cela s’organise t’il ? Ces expériences seront-elles renouvelées cette année ?

C’était un de nos principaux objectifs l’an dernier : organiser nos premiers déplacements, dont l’Open. Nous en avons fait 7 et je pense pouvoir dire qu’ils laisseront de grands souvenirs à tous ceux qui y ont participé. Le déplacement à Toulouse, par exemple, a été un moment grandiose : outre que So Déferlantes est entré dans l’histoire en prenant la première faute technique supporters, voir nos joueuses bondir dans la tribune vers nous au coup de sifflet final restera gravé à jamais. En plus, ce déplacement fut l’occasion d’un séjour d’un week-end avec visite de la ville rose, cassoulet partagé avec des supporters Déferlantes de Toulouse et visite du site d’Airbus.

Alors oui, nous renouvellerons ces expériences car elles créent beaucoup de liens : avec les joueuses, le staff, mais aussi avec les supporters ou membres des autres clubs, et enfin entre nous. Nous attendons d’ailleurs avec impatience le calendrier de la LFB pour voir lesquels nous pourrons proposer. En fonction du nombre de participants, nous optons soit pour du covoiturage, soit pour le minibus, soit pour le train. Et qui sait, peut-être l’avion cette année ? Nos déplacements sont systématiquement annoncés sur notre page Facebook.

Le déplacement que nous organiserons de manière certaine, c’est l’Open les 1er et 2 octobre. Que les personnes intéressées par un week-end à Paris à prix de groupe n’hésitent pas à nous contacter, nous allons boucler cela durant l’été.

Quels sont les avantages à devenir un « So » ?

Le premier des avantages est offert par le club, il s’agit de l’accès au tarif réduit à l’abonnement NRB (70€ au lieu de 100€) ou à l’achat de billets (tarif réduit là aussi). Qui plus est, cela donne accès à une place en tribune latérale, au plus près du cœur du jeu, à mon avis le meilleur emplacement à Mangin. A cela s’ajoute une réduction sur les articles textiles de la boutique NRB. Par ces avantages, le club démontre l’importance qu’il entend donner à ses supporters, dont il fait une composante à part entière. C’est, à mon sens, un signal fort qui devrait décider tous ceux qui ont envie de soutenir le NRB et d’aller un peu au-delà du rôle de spectateur. Autres avantages, le fait d’être adhérent So Déferlantes permet de bénéficier de tarifs à prix coûtant sur tous les déplacements et sur les articles que nous proposons à la vente.

En cumulant tous ces avantages financiers, la cotisation de 18€ est fort vite remboursée.

Mais à ces avantages, s’ajoutent aussi et surtout l’accès à tous les « moments So Déferlantes » privilégiés organisés avec le club, ainsi qu’à tous nos rendez-vous entre adhérents. Et tout cela, ça n’a pas de prix !

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La définition d’un « moment So Déferlante » par excellence – Photo : Page Facebook So Déferlantes

Pour terminer, quel message souhaiterais-tu transmettre aux indécis et indécises qui hésitent encore à vous rejoindre ?

Si certains hésitent, c’est déjà que quelque chose les pousse à aller au-delà du rôle de spectateur. Cette envie, cette vibration, c’est ça être supporter, donc vous l’êtes déjà, reste juste à l’être ensemble pour que nos Déferlantes aient le meilleur soutien possible, dans les bons comme dans les moins bons moments. Ensemble car «  lorsque deux forces sont jointes, leur efficacité est double » disait Newton (Newton, encore un supporter qui s’ignorait (rires)). J’ai même tendance à penser, et c’est toute la beauté du sport collectif, qu’elle est triple !

Et surtout, soyez rassurés, aucune obligation, aucune contrainte. Il y a mille façons d’être supporter, chacune aussi respectable, et c’est d’ailleurs bien cette diversité d’approche qui nous intéresse.Je prends un exemple : supporter, c’est aussi être le conteur d’un club, le porteur des légendes du club, ce lien entre les générations de joueuses, de publics. Participer à la rédaction de nos articles « Elles ont porté les couleurs du NRB » est, à mon sens, une bien belle façon d’être supporter, aussi importante que de chanter en tribunes.

Mais au-delà des arguments, si vous hésitez toujours, le plus simple est encore de venir discuter avec nous, d’assister à un match avec nous ou de participer à un déplacement. Bref, de tester sans aucun engagement, en toute simplicité et en toute bonne humeur.Pour reboucler avec la première question, So Déferlantes, c’est d’abord ses adhérents qui, par leur implication inventive et souriante, sont les meilleurs ambassadeurs de notre groupe. Donc n’hésitez pas à les contacter, à discuter avec eux.

Si cette interview vous a donné envie d’adhérer à ce joli projet, n’hésitez pas à prendre contact avec les membres de So Déferlantes en passant par leur page Facebook (So Déferlantes) ou en allant à leur rencontre un soir de match, car nous pouvons compter sur eux pour être présents à chaque occasion pour encourager nos Déferlantes.

 

Photo de couverture : Laurence Lenglet

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